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A LA DECOUVERTE DE LA CAGIA, UN DISPOSITIF AU CENTRE DE LA REDYNAMISATION DE LA POLITIQUE AGRICOLE TOGOLAISE.
Avec plus de 70% de la population active, l’économie togolaise reste essentiellement dominée par l’agriculture qui représente 40%  du PIB total. Tout le potentiel agricole n’est pas cependant pas encore totalement exploité, seulement 45% des 3,4 millions d’hectares cultivables le sont.
A LA DECOUVERTE DE LA  CAGIA, UN DISPOSITIF AU CENTRE DE LA REDYNAMISATION DE LA POLITIQUE AGRICOLE TOGOLAISE.
Publié par host le January 24, 2011 11:30
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Avec plus de 70% de la population active, l’économie togolaise reste essentiellement dominée par l’agriculture qui représente 40%  du PIB total. Tout le potentiel agricole n’est pas cependant pas encore totalement exploité, seulement 45% des 3,4 millions d’hectares cultivables le sont.  

C’est donc quasi naturellement que ce secteur fait   partie des orientations et des politiques publiques en vue de la réduction de la pauvreté au Togo, contenues notamment résumées dans la Note de Politique Agricole et dans le Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté (DSRP). Les efforts de redynamisation passent par le renforcement des capacités des paysans, la mécanisation des activités culturales, l’amélioration de la fertilité des sols… A ce propos,  une structure chargée de la distribution des intrants agricoles a vu le jour sous la dénomination de la CAGIA : Centrale d’Approvisionnement et de Gestion des Intrants Agricoles.

 

Créée par décret N° 2008 -11 /PR du 29 août 2008 et placée sous la tutelle technique du Ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche (MAEP), la CAGIA était connue sous l’appellation du Programme KRI et KRII, le premier s’occupant de l’aide alimentaire et le second de l’assistance aux agriculteurs défavorisés.

 

Située dans la zone portuaire, la CAGIA est un établissement public, doté de la personnalité morale et l’autonomie financière.  Avec ses  138 agents dont des fonctionnaires et des contractuels, elle a pour vocation :

 

-          de recueillir et d’analyser en début de campagne, les besoins exprimés par les régions pour toutes les spéculations et tous les intrants.

-          de faire des simulations de prix CAF, du coût de revient et du prix de cession aux producteurs avec des hypothèses maximale et minimale en relation avec l’évolution du marché ;

-          d’élaborer et de mettre en œuvre un programme de répartition des instants en fonctions des besoins et des réalités locales ;

-          de gérer toutes les actions rentrant dans le cadre des consultations et attributions de marché ;

-          d’élaborer les propositions des prix de cession des intrants aux producteurs ;

-          de gérer tout don en intrants destiné à l’Etat togolais ;

-          de faire le bilan de chaque campagne agricole écoulée.

 

A partir des structures dont elle dispose à Lomé et à l’intérieur du pays, la CAGIA réceptionne les intrants (engrais, semences, produits phytosanitaires) acquis par commande et en assure la distribution et la gestion pour la production agricole.

 

 

ORGANISATION ET FONCTIONNEMENT :

La CAGIA est  dotée  entre autres d’un Conseil de suivi (Conseil de surveillance)  composé des ministres chargés de l’agriculture, des finances, du commerce et du développement ; d’un  Comité de gestion (Conseil d’administration) comprenant 11(onze) membres dont les représentants des ministres précités, des institutions agricoles (NSCT, ICAT, ITRA), du bureau national des chambres régionales d’agriculture et des producteurs vivriers, du coton et du café-cacao  etc.

 

Au niveau régional, les antennes  comprennent chacune deux divisions : la division comptable et financière et la division du suivi des intrants.

 

En pratique, la CAGIA se charge de la conduite du processus de commande des intrants (appel d’offres, contrat de marchés et leur exécution). Après réception des intrants commandés au bénéfice des paysans, elle les met à la disposition des régions dans les magasins pour leur distribution dans les milieux paysans (canton, village).

 

Selon M. KPEMOU Kounama, chargé du suivi, de l’inspection des engrais et de la fertilisation à la Direction générale, deux catégories de producteurs bénéficient des intrants distribués par la CAGIA : ceux organisés en groupements et qui bénéficient sous la supervision de l’ICAT (Institut de Conseil et d’Appui Technique) de crédit à la moitié dose (dont ils versent les 50% au comptant et le reste après les récoltes) et les producteurs individuels qui payent au comptant leurs intrants.

 

Quant à la quantité d’engrais mise à la disposition des producteurs chaque année, elle est évaluée à près de 10.000 (dix-mille) tonnes avant la campagne 2009-2010, à en croire M. KPEMOU. « Mais pour la campagne 2009-2010, nous avons mis à la disposition des paysans environ 30.000 (trente mille) tonnes pour 2010-2011, nous envisageons augmenter cette quantité de 5.000 tonnes, ce qui fera au total 35.000 (trente cinq mille) tonnes », a-t-il expliqué. Pour lui, cette augmentation  témoigne de la volonté des autorités togolaises d’augmenter la production agricole dans notre pays.

 

Par ailleurs, selon  M. KPEMOU, à ce jour, près de 80% des producteurs togolais utilisent des engrais distribués par la CAGIA.  M. HOUMENOU Akpiti Adjimavo, gestionnaire de magasin de vente d’intrants à Madjikpéto, localité située à une vingtaine de kilomètres au Nord-est de Lomé (dans le canton d’Agoè),  énumère tout ce qui est mis à la disposition des paysans : les engrais (MPK 15 15 15, Urée 46% N), des insecticides (Actellic super poudre, celphos comprimé pour la conservation des céréales) et des semences améliorées : Ikénes 1 ; AB11, Amen 4 ,Obatampa 2 (maïs) ; vita 5, vitoco (haricot).

 

Pour éviter les spéculations qui pourraient créer des situations de pénurie artificielle, un suivi de la gestion efficiente des intrants dans les différents magasins  est assuré par les directeurs préfectoraux sous la supervision des Directions régionales de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche. Des contrôles inopinés et programmés sont également effectués par les équipes de la Direction de la centrale.

 

Dans cette synergie,  sont impliquées les organisations paysannes encadrées par les techniciens agricoles, notamment l’ICAT.

 

PARTENAIRES ET RESSOURCES :

 

La CAGIA est appuyée dans ses missions  par divers partenaires techniques et financiers. Au titre des partenaires techniques, la CAGIA peut compter sur l’Institut de Conseil et d’Appui Technique (ICAT), l’Institut Togolais de Recherches Agronomiques (ITRA), l’Agence Nationale de la Sécurité Alimentaire du Togo (ANSAT), la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT), la Direction des Semences (DS), les Directions Régionales de l’Agriculture, de l’Elevage et la Pêche (DRAEP) etc.

 

Quant à la Banque Mondiale (BM), l’Organisation Mondiale pour l’Alimentation (FAO), la Banque Islamique de Développement (BID), la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD), la Banque Africaine de Développement (BAD), l’OPEC  FUND, elles interviennent auprès de la CAGIA comme des partenaires financiers.

 

Par ailleurs, les ressources de la CAGIA proviennent des recettes de vente d’intrants, des subventions de l’Etat, des dons et subventions internationaux

ainsi que  des emprunts.

 

LES REALISATIONS :

A l’actif de la CAGIA, l’installation de plusieurs  magasins et points de vente des intrants agricoles dans toutes les grandes zones de productions (cantons, préfectures et régions) ; mise en place des comités de suivi et d’appui à la gestion des intrants comprenant les représentants des producteurs et les autorités locales ainsi qu’une   large diffusion du mécanisme de gestion  et du dispositif de distribution des intrants agricoles.

 

Les bénéficiaires-paysans se félicitent  de la mise en place des comités de suivi et d’appui les impliquant dans la gestion des intrants agricoles, de même que de la communication permanente relative  à la mise en place des intrants, (……..) et des conditions d’acquisition des engrais au niveau des magasins.

 

L’octroi de crédits engrais dans le cadre des Opérations « maïs (…..) » connaît également un succès auprès d’eux.  

 

Ce qui est certain, est que cette structure reçoit une large adhésion auprès des producteurs qui soulignent son importance et son apport dans le développement de leurs cultures. C’est ce que confie Monsieur HOUMENOU : «  j’ai un magasin d’une  capacité de 250 tonnes. Presque chaque année, je reçois entre 150 et 200 tonnes d’engrais. Exceptionnellement cette année, j’ai reçu jusqu’à 211,700 tonnes. Avec la CAGIA, mon magasin ne souffre pas de manque d’engrais et tous les paysans qui en font la demande sont satisfaits. »

 

Si  M. METSAKAWO Séna, gestionnaire de magasin à Mission Tové est sur la même longueur d’ondes,  il évalue cependant  la quantité d’engrais reçue pour la campagne 2010-2011 à 95,800 tonnes, en  net recul par rapport à la  campagne 2009-2010 qui s’est élevée à 131,200 tonnes. Cette baisse, selon  M. METSAKAWO, s’expliquerait  par le retard dans le démarrage de la campagne dû au réaménagement du site accueillant le magasin. Il regrette par ailleurs les ruptures périodiques de stock d’engrais dans son magasin.

 

«  Mon magasin est trop étroit pour cette zone de forte activité agricole : riziculture, culture du maïs, culture des fleurs etc… Nous ne pouvons donc pas faire face à une demande sans cesse croissante. Mais cela démontre aussi que les producteurs nous font confiance et que nos activités leur(..) sont réellement utiles » souligne-t-il. 

 

Pour ce qui est de l’impact de l’utilisation des intrants sur la production agricole dans leur milieu, messieurs  HOUMENOU et METSAKAWO sont formels : l’usage de l’engrais a  révolutionné l’agriculture dans les cantons d’Agoè et  de Mission Tové. Ceci, selon eux, se traduit par l’amélioration des rendements agricoles grâce au renforcement  des capacités de production des sols dont la plupart sont surexploités : « de plus en plus de paysans comprennent la nécessité d’utiliser des engrais », a confié M. HOUMENOU.

 

Même son de cloche chez M. MOKLI Ruben, riziculteur à Mission Tové. « Nos sols sont pauvres, ce qui fait que pour avoir un bon rendement chaque année, nous sommes contraints d’utiliser des engrais. Par exemple,  lorsque j’utilise judicieusement de l’engrais pour mes cultures, je peux récolter sur un hectare de sol sablonneux, environ 2 tonnes de riz prêt pour la consommation et environ  trois (03) tonnes par hectare sur un sol marécageux »,.

 

Sur les retards d’approvisionnement que déplorent certains dont monsieur MOKLI, le Chef Division Administrative et Financière à la DRAEP-Région Maritime,  monsieur  HONYIGLO Komi,  affirme qu’il est souvent dû non seulement à la lenteur dans la livraison de la commande passée par la CAGIA,   mais aussi au fait que certaines zones de production comme Mission Tové par exemple, n’ont pas de saison déterminée. Il en résulte que la demande y est constante et fausse souvent les prévisions de la CAGIA.

 

Au regard des  besoins et  des difficultés exprimées qui sont parfois   source d’incompréhension entre les producteurs et la CAGIA, l’institution envisage de mettre en place dans un  bref délai, des antennes régionales bien fonctionnelles qui seront ses démembrements dans les régions. Mais aussi de renforcer le partenariat avec les organisations paysannes en vue de multiplier les points de vente des intrants agricoles. Sans oublier le renforcement des capacités des agents impliqués dans la gestion des intrants agricoles  et l’élaboration d’un cadre juridique et réglementaire sur l’utilisation des engrais.