« Un artiste sans les médias est un orphelin »
Après la sortie le 07 août dernier de son premier album, le jeune rappeur togolais Tchala Essowè alias AMRON, continue de faire parler de lui. Ses deux clips réalisés par Boss Playa, la très célèbre structure de communication audiovisuelle panafricaine, ses chansons relayées à longueur de journée par plusieurs chaînes de radios et de télévisions, sa présence remarquée sur scène récemment aux côtés de grands noms comme La Fouine, DJ Arafat, Dibi Dobo… sont la preuve irréfutable de l’ascension de cette étoile du rap togolais.
FOCUS INFOS s’est entretenu avec lui, en marge d’une rencontrer qu’il a initiée à l’endroit des médias le samedi 02 octobre dernier pour la promotion de son album.
FOCUS INFOS : Pour quelles raisons avez-vous choisi de faire de la musique et pourquoi le rap ?
AMRON : Je vous remercie de l’opportunité que vous m’offrez de m’exprimer. J’ai choisi la musique après m’avoir découvert des talents, dont me parlaient d’ailleurs mes parents et mes amis. Quant au rap, j’ai estimé que c’est un moyen plus facile d’exprimer mes opinions et de défendre les opprimés, pour moi qui au début, voulais embrasser une carrière d’avocat. Après avoir commencé des études de droit, j’ai trouvé finalement le cursus trop long.
Comme le talent était là, associé à la volonté de dénoncer les tares de la société et d’exprimer mes envies, j’ai opté pour le rap.
F.I : Vous avez lancé votre premier album intitulé « Black Boys » depuis le mois d’août dernier. Pourriez-vous le présenter et nous expliquer le choix du titre ?
AMRON : C’est un album de16 titres. « Black Boys » parce que j’ai voulu faire une petite dédicace aux jeunes noirs comme moi, qui se battent pour leur avenir. En effet, il est de plus en plus fréquent de voir des jeunes dans la vingtaine qui se cherchent et n’ont pas de réponse quant à leur avenir. Je parle donc de la foi et de la persévérance. Quand on a des objectifs ou des rêves, il ne faut jamais perdre la foi, croire en soi et se donner à fond.
F.I : Quel thème revient souvent dans vos chansons et quels genres de messages véhiculez-vous ?
AMRON : Je ne dirai pas qu’il y a un thème principal parce que j’en aborde plusieurs. Je suis inspiré par la vie, la société, mes proches….tout m’inspire. Je fais en sorte que tout le monde puisse se retrouver dans mes chansons.
F.I. En tant qu’artiste, quel regard portez-vous sur la musique togolaise en général et le rap en particulier ?
AMRON : Il est très difficile pour les artistes de s’en sortir mais nous nous battons. Il y a de plus en plus de jeunes talents qui émergent et font du bon travail. Plus particulièrement sur le rap, c’est un peu plus compliqué. Beaucoup rapent en patois et très peu en français. Ce qui restreint le public surtout quand on rape mal. Il faut donc redoubler d’effort et se battre davantage.
F.I. On constate que la musique togolaise a du mal à s’imposer sur le plan international. Que pouvez-vous faire sur un plan personnel pour lui donner un peu plus de visibilité ?
AMRON : Je ne peux rien faire à moi tout seul. Mais associé aux médias, on peut réussir de grandes choses. Car un artiste sans eux, est un orphelin. Ce sont les médias qui font l’artiste. Les artistes doivent faire leur part ; mais c’est aux médias de nous pousser vers l’extérieur pour que nous puissions représenter valablement le pays.
F.I. Quels sont vos projets à court terme ?
AMRON : Je suis actuellement sur la promotion de l’album. Je prépare un concert dédicace qui aura lieu le 29 octobre prochain au Palais des Congrès de Lomé et j’espère que le public répondra présent.