« Votre FABRE est un dur. Il ne veut écouter personne. Même pas les chancelleries étrangères installées dans votre pays. Il m’a laissé cependant une bonne impression. Face au pouvoir, son intransigeance est un espoir pour votre peuple. En même temps, en politique, il faut être dans un bon tempo et savoir quand lâcher du lest et où s’arrêter ». Ces mots sont ceux d’un des nombreux observateurs européens qui ont supervisé l’élection présidentielle du 04 mars dernier. En réalité, sa mission n’était pas celle de superviser comme il le reconnaît lui-même : « j’étais là pour plus que cela », a-t-il confié depuis le Kenya où il se trouvait pour une « autre mission. »
Contrairement à ce qui a été plusieurs fois soutenu par certains, Jean-Pierre FABRE n’a pas voulu imposer son leadership face à Gilchrist OLYMPIO dans une négociation avec le pouvoir. On le lui a proposé bien avant la proclamation des résultats. Refus catégorique. Il aurait même eu l’outrecuidance de rejeter une offre jugée « non refusable » vu ses termes et ses parrains : 1,5 millions de dollars rien que pour lui avec la promesse d’ « intéresser » également ses soutiens de façon conséquente. Mais aussi des portefeuilles ministériels, des postes administratifs et dans les sociétés, des avantages et facilités matériels dont l’étendue et le contour étaient à définir d’un commun accord ; en somme la même offre qui sera proposée au rabais à monsieur OLYMPIO et qui l’acceptera. Les parrains : trois anciens Présidents de la sous-région : Olusegun OBASANDJO, déjà impliqué dans l’affaire d’Abuja en 2005, Jerry John Rawlings, John Kufuor et évidemment, le capo di capo, le facilitateur Blaise COMPAORE. Avec la bénédiction tacite de certaines chancelleries qui partageaient la finalité de l’opération (l’apaisement politique) tout en étant gêné aux entournures par la méthode. Quoi qu’il en soit, elles ont préféré regarder ailleurs plutôt que de la dénoncer.
L’attitude de Jean-Pierre FABRE malgré l’insistance avant et après la proclamation des résultats sera un véritable camouflet pour les initiateurs de la manœuvre ; surtout qu’un des proches du leader de l’ANC leur aurait assuré qu’il accepterait, étant financièrement aux abois. « On a persuadé tout le monde que dans le pire des cas, Patrick LAWSON, encore plus aux abois que monsieur FABRE, convaincra ce dernier ». Cet échec de faire rentrer FABRE dans les rangs a eu le don d’agacer au plus haut point les parrains de la proposition qui l’ont reçu comme une humiliation. Surtout avec son refus de se rendre dans à Ouagadougou pour « échanger et discuter de la situation politique post électorale ».
FAIRE PAYER L’INSOLENT :
Selon nos informations, Jean-Pierre FABRE paierait aujourd’hui tout simplement son comportement, qualifié d’insolant. On lui reproche de vouloir se faire passer pour « Monsieur Propre » et de narguer de hauts responsables politiques de la sous-région. Dès lors, plusieurs stratagèmes sont échafaudés pour compliquer ses activités politiques: répression systématique de ses manifestations, harcèlements policiers, agression physique, tentative de séduction de ses proches et lieutenants, exclusion de l’UFC et plus récemment démission forcée de l’Assemblée nationale etc…. D’autres actions restent à venir notamment sur le plan pénal, relativement à sa gestion du parti et celle à titre privé du patrimoine des OLYMPIO…. Une autre démarche vise à l’isoler sur la scène internationale et à le présenter comme un activiste sans un réel background politique. D’où sa tournée ratée à l’extérieur contrairement à ce qu’il affirme et ses difficultés à rencontrer les grands dirigeants qui comptent dans le landerneau politique africain. Il faut reconnaître cependant qu’il ne peut quasiment pas compter sur les réseaux de monsieur OLYMPIO, et que les YAMGNANE ou encore KODJO (Agbéyomé) ne l’aident pas beaucoup sur ce terrain, malgré leurs entrées dans certains cercles. De même, quasiment aucun média étranger ne lui est acquis comme ils l’ont pu l’être pendant longtemps et de façon systématique en faveur de l’opposition et surtout de Gilchrist OLYMPIO. Des coups de fil amicaux sont passés par là. Monsieur FABRE n’a lui-même pas facilité les choses non plus en renforçant l’image présentée de lui d’activiste, lorsqu’il s’en prend aux médias et qu’il ne dénonce pas l’agression subie par le correspondant de RFI à Lomé.
Désormais cerné, sans grands soutiens extérieurs mais toujours aussi populaire, Jean-Pierre FABRE est attendu au tournant. Il est conscient que l’issue de son combat ne peut lui être favorable sans aide extérieure. Là-bas, on n’a pas encore digéré son affront post-élection.